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Education prioritaire rep

 

La réforme de l’éducation prioritaire

 

 

Objectifs et principes de la réforme

 

 

La politique de l’éducation prioritaire a été initiée en 1981 avec la création des zones d’éducation prioritaires (ZEP). La carte de l’éducation prioritaire a ensuite été redéfinie à plusieurs reprises. Les réseaux ont ainsi changé d’appellation en fonction des politiques menées, passant des ZEP (zone d’éducation prioritaire et REP (réseau d’éducation prioritaire) aux RAR (réseaux « ambition réussite ») et RRS (réseaux « réussite scolaire » et enfin au programme Eclair qui a en grande partie remplacé les RAR (« Écoles, collèges, lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite ») en 2011. De nouvelles structures ont également été ajoutées.

 

Elle repose sur le principe de la discrimination positive qui pourrait se résumer ainsi : donner plus à ceux qui ont moins. Ainsi l’éducation prioritaire vise à réduire les inégalités face à la réussite entre élèves, le fonctionnement du système éducatif actuel ayant tendance à transformer les inégalités sociales en inégalités scolaires et parfois même à en aggraver les effets.

En France, pour mettre en place cette politique de discrimination positive, c’est le contexte socio-économique du territoire (Catégorie Socio-Professionnelle des habitants, qualité de l’environnement, accès aux droits communs…) qui est retenu pour identifier le public concerné et non le repérage individuel de la CSP de chaque élève. Ainsi, tous les élèves de l’éducation prioritaire ne sont pas issus de catégories sociales défavorisées et inversement il y a des élèves de milieu défavorisé dans les écoles et établissements hors éducation prioritaire. Cette politique nécessite donc de définir les zones où il y a le plus d’élèves pouvant être touchés par des inégalités sociales, territoriales et scolaires, les trois étant en interaction, afin d’en réduire les effets négatifs sur les élèves.

 

Face aux difficultés observées depuis plusieurs années de l’éducation prioritaire à atteindre ses objectifs, une refondation de cette politique est en cours. Elle doit permettre une réduction des inégalités sociales et territoriales tel qu’il est inscrit dans la loi de refondation de l'école de la République du 8 juillet 2013. Il s’agit entre autre de ramener à moins de 10 % les écarts de réussite scolaire entre les élèves de l’éducation prioritaire et les autres élèves de France. Pour exemple, les écarts dans la maîtrise des compétences de base en français en troisième sont actuellement de l’ordre de 35 % en collèges ÉCLAIR.

 

 

Le calendrier de la réforme est le suivant :

 

  • 2013 : réalisation d’un diagnostic partenarial de la politique d’éducation prioritaire et élaboration du plan d’actions.

 

  • 2014 : présentation de la refondation de l’éducation prioritaire et préfiguration des dispositifs destinés aux REP + à la rentrée 2014 (une centaine identifié). Fin d’année : réalisation de la nouvelle carte de l’éducation prioritaire.

 

  • 2015  (rentrée): déploiement des mesures (REP et REP+) sur l’ensemble de l’éducation prioritaire

 

  • 2016 : poursuite du déploiement de certaines mesures.

 

La réforme repose sur 3 axes :

 

  • Ø une refondation pédagogique : Les réussites observées montrent que c'est principalement dans le quotidien des pratiques pédagogiques et éducatives que se joue la réussite scolaire des élèves issus des milieux populaires. Une approche systémique inscrite dans la continuité des parcours est essentielle.

 

  • Le travail en équipe, la réflexion et la formation soutenus : Les pratiques professionnelles devront être construites et réfléchies collectivement pour mieux répondre aux besoins des élèves et des personnels qui seront mieux accompagnés et régulièrement formés.

 

  • Un remplacement progressif des réseaux existants par les REP et les REP+ : L'exigence de justice est au cœur de la refondation de l'éducation prioritaire et son périmètre est en cours d’actualisation afin d'être davantage cohérent avec la difficulté sociale (voir la nouvelle carte des réseaux). À l'horizon de la rentrée 2015, les réseaux actuels, aujourd’hui appelés Eclair et RRS, réseaux de réussite scolaire, seront progressivement remplacés par les REP+ et les REP.

 

 

Les actions et dispositifs mis en place

 

On retrouve ces 3 axes dans les 14 mesures-clés définies pour mettre en œuvre concrètement cette réforme.

 

Axe 1 : Des élèves accompagnés dans leurs apprentissages et dans la construction de leur parcours scolaire :

 

  • Mesure 1 : La scolarisation des moins de 3 ans dans chaque réseau
  • Mesure 2 : "Plus de maîtres que de classes" dans chaque école, afin de favoriser le travail collectif des enseignants, bien identifier les besoins des élèves et accompagner leurs apprentissages par des pédagogies différenciées.
  • Mesure 3 : Un accompagnement continu pour les élèves de sixième, pendant les temps laissés libres entre les heures de cours et en étant accueillis dans l’établissement jusqu’à 16h30 (aide aux devoirs, soutien méthodologique ou tutorat).
  • Mesure 4: L’extension du dispositif D’Col dans les collèges (dispositif numérique innovant d’aide individualisée, de soutien et d’accompagnement pour les élèves de 6ème en difficulté)
  • Mesure 5 : Développer l’ambition et la curiosité des élèves pour les aider à construire leur parcours, à travers plusieurs dispositifs.
  • Mesure 6 : Le développement d’internats de proximité pour les collégiens

 

 

Axe2 : Des équipes éducatives formées, stables et soutenues

 

  • Mesure 7 : Du temps supplémentaire pour les enseignants afin de travailler ensemble, se former, assurer le suivi des élèves et renforcer les relations avec les parents. Dans les REP + au collège : une heure et demie par semaine et en primaire : 9 jours par an.
  • Mesure 8 : Un grand plan de formation continue et d’accompagnement pour l’éducation prioritaire (trois jours de formation annuels garantis dans les REP +, des experts de terrain pour accompagner les équipes et un tutorat pour les nouveaux enseignants).
  • Mesure 9 - Des incitations fortes pour stabiliser les équipes (revalorisation des indemnités revalorisées, un parcours en éducation prioritaire valorisé dans la carrière, des affectations ciblées en fonction des besoins locaux et du projet éducatif)

 

Axe 3 : Un cadre propice aux apprentissages

 

  • Mesure 10 : Des projets de réseau pérennes construits sur la base du référentiel qui servira également à faire évoluer les pratiques pédagogiques. Les moyens alloués sur cette base seront garantis pour une durée de 4 ans.
  • Mesure 11 : Un fonds académique pour financer des actions pédagogiques, notamment innovantes et l’animation des réseaux
  • Mesure 12 : Un accueil des parents, chaque matin, pour mieux les associer à la vie de l’école. Plusieurs dispositifs leur permettant de suivre les apprentissages de leurs enfants seront développés.
  • Mesure 13 : 500 assistants de prévention et de sécurité supplémentaires pour améliorer le climat scolaire
  • Mesure 14 : Un infirmier scolaire supplémentaire dédié aux écoles et un assistant social, dans les réseaux les plus difficiles

 

Certaines mesures ne sont pas propres à l’éducation prioritaire mais seront mises en place prioritairement dans les réseaux de l’éducation prioritaire qui pourront aussi servir de « laboratoire » à expérimentation innovante.  

Pour l’année 2014, certaines mesures sont déjà mises en place dans les 102 REP+ qui préfigurent la réforme, notamment en termes de formation et d’expérimentation du nouveau référentiel. Le budget 2015 marque une hausse de moyens importante et 352 millions d'euros seront consacrés aux mesures clés.

 

 

L’ensemble des mesures annoncées s’articulent autour d’un référentiel, conçu autour de 6 priorités. L’objectif est d’offrir aux personnels des repères solides, fiables et organisés, issus de l'expertise des personnels, de l'analyse de l'inspection générale et des travaux de recherche.

 

1 - Garantir l’acquisition du "Lire, écrire, parler" et enseigner plus explicitement les compétences que l’école requiert pour assurer la maîtrise du socle commun

2 - Conforter une école bienveillante et exigeante

3 - Mettre en place une école qui coopère utilement avec les parents et les partenaires pour la réussite scolaire

4 - Favoriser le travail collectif de l’équipe éducative

5 - Accueillir, accompagner, soutenir et former les personnels

6 - Renforcer le pilotage et l’animation des réseaux

 

 

La nouvelle carte de l’éducation prioritaire :

 

Le nombre total de réseaux reste inchangé. D’après le ministère, la répartition évolue « pour aller vers plus de justice sociale ». Certains établissements défavorisés ne relèvent pas, aujourd’hui, de l’éducation prioritaire, alors que des établissements devenus favorisés y sont restés. Les quelques établissements qui sortent de l’éducation prioritaire (ils sont minoritaires) seront accompagnés financièrement de manière dégressive pendant encore 3 ans pour éviter une rupture brutale.

 

Les REP+ concerneront les quartiers ou les secteurs isolés qui connaissent les plus grandes concentrations de difficultés sociales ayant des incidences fortes sur la réussite scolaire. Ils correspondent en grande partie aux anciens établissements « Eclair ».

Les REP regrouperont les collèges et les écoles rencontrant des difficultés sociales plus significatives que celles des collèges et écoles situés hors éducation prioritaire. Ils correspondent en grande partie aux anciens RRS.

 

La nouvelle carte de l’éducation prioritaire repose sur quatre critères élaborés par la DEPP, le service statistique du ministère :

 

 

 

Elle repose également sur le principe du réseau école/collège, indispensable à la mise en place du nouveau cycle CM1/CM2/6ème et du conseil Ecole/collège. En revanche, en fonction des réalités de chaque territoire, rien n’empêche une école seule d’être classée en ZEP ou de bénéficier de dispositifs particuliers (tel que « plus de maîtres de que classe ») qui ne sont pas réservés qu’à l’Education prioritaire.  

 

Une des nouveautés de ce découpage est qu’il a été mis en lien avec la géographie de la politique de la ville, elle-même récemment revue. La politique de la ville définit des zones urbaines dont les besoins nécessitent des moyens particuliers (en termes de projet urbain, social, éducatif, culturel…). Ainsi, la carte des ZUS (zones urbaines sensibles) est plus en cohérence avec celle de l’éducation prioritaire, afin que les acteurs de ces territoires puissent développer des projets en partenariat, sans additionner les dispositifs. Cependant, les deux cartes ne se juxtaposent pas complètement, certains critères pour les établir étant restés propres à chaque champ. Et la politique de la ville ne s’applique pas en milieu rurale.

 

A la rentrée 2014, 102 réseaux d’éducation prioritaire REP+ préfigurent la réforme de l’éducation prioritaire. Pour la rentrée 2015, la répartition par académie des 350 REP+ et des 732 REP a été annoncée en octobre. Les recteurs sont désormais appelés à instaurer un « dialogue local » pour déterminer les écoles et collèges relevant de la nouvelle carte des ZEP. L’ensemble des 1082 réseaux devrait être connu début 2015.

 

Le rééquilibrage se fait au profit de Mayotte (18 réseaux en 2015 contre 3 actuellement), de la Guyane (28 contre 21), des académies de Lille (117 contre 106) et Amiens (42 contre 38). Créteil reste stable (-1 réseau). Certaines académies vont perdre des réseaux, comme Bordeaux (-10), Toulouse (-9), Versailles (-8), Dijon (-6), Rouen (-5) ou Paris (-4). Le ministère s’est engagé à maintenir, pendant trois ans, l’indemnité ZEP des personnels des établissements quittant l’éducation prioritaire.

 

 

 

Bibliographie :

 

Etat des lieux :

 

Définitions et outils :

 

  • site internet de l’éducation prioritaire :
    • http://www.reseau-canope.fr/education-prioritaire/accueil.html
    • circulaire du 4 mai 2014 :
      • http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=80035
      • Référentiel complet de l’éducation prioritaire :

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/education_prioritaire_et_accompagnement/53/5/referentiel_education_prioritaire_294535.pdf